La chatte

8.06. La chatte ce matin encore jusqu’à présent n’a pas voulu que je la sorte dans la cour laisse au cou .

La chatte qui ces jours derniers se lèche, se lave, se lustre et ingurgite ses poils et vomi ses croquettes un peu partout. Je vais finir par la laisser partir et s’égarer dans les jardins alentour.

Elle vient de venir vers moi de venir vers moi, miaulant et m’ indiquer qu’elle souhaitait rejoindre son couffin dans la chambre de madame qui dort encore et qui à voulu hier soir se mettre à jour des derniers épisodes de Good Doctor qu’elle avait ratés …

– 20 novembre 2019

Rien

7.31 - Il fait nuit encore nuit encore. Ils disent que c'est le jour de le plus froid de la semaine, semaine, semelle. Triste. Quel sera ce jour, qu'en ferai-je rien comme d'hab, un jour pour un rien ? 

- 20 Novembre 2019 7.31 -

L’aide-soignant

Elle n’a qu’une main. La main droite.

Enfin une main elle en a deux mais elle s’est coupée un doigt de l’autre en coupant le pain il y a trois semaines avec un génial couteau à pain que lui avait offert sa fille qui en en avait une collection chez elle. Un Villeroy et Boch quand même. Le tendon lui qui n’était pas de même qualité a été atteint et a nécessité une intervention. Avec orthèse et interdiction d’activité manuelle pendant trois mois.

Tout s’est bien passé les premiers jours. Elle a été docile. Puis peu à peu elle a trouvé qu’Alceste l’époux était trop brutal, maladroit, qu’il orientait mal le jet d’eau pendant la douche, il fallait faire comme si, comme ça, l’essuyer plus fort dans le dos être plus doux sur les seins…

Elle lui donne des ordres, il ne supporte pas. Ce matin encore elle a mis son masque de vieille percluse. Alors il l’a plantée.

Puisqu’elle sait tout, puisqu’elle lui dit qu’il est incompétent, qu’elle dit à chacun qu’il ne sait rien faire, il l’a plantée.

Elle n’a qu’une main.

La virginité de monsieur Bridault

   Mangeant beaucoup mais digérant à merveille monsieur Bridault avait acquis à force de digestions ce que les gens craignant Dieu appelaient en ce temps-là une face de prédestination, c’est à dire, une figure pleine, un double menton, une peau lisse et brillante…

   Monsieur Bridault vécut vierge.

Quelques douairières, consoeurs du Saint-sacrement, baissent les yeux, quand on parle devant elles, de la virginité de monsieur Bridault, ce qui rend la leur un peu équivoque aux yeux de certaines gens, qui ne manquent pas de voir le mal où il est, de le supposer où il n’est pas, et de se mêler de tout, hors de leurs affaires.

  • Pigault-Lebrun – 1796

Retraité, plein les poches

Plein les poches

6.20 ça brûle à la Réunion… Il pleut ici côte Ouest, Une madame candidate, lis-je, à la Mairie de Rennes, une dénommée Apperé que l’on trouve sur Wikipédia, aurait déclaré à une délégation ….. ; « les retraités, ils ont de l’argent, ils peuvent payer !       « 

Premier jour

Vendredi 17 octobre 2019

14.04 Si je mentionne l’heure de mes propos, c’est parce que l’écriture sur le même thème ou la même idée que le thème ou l’idée de quatorze heures cinq, ne sera plus celle de quatorze heures quatre, c’est presque une nouvelle histoire .. ( Qui me comprend me suive … )

J’irai faire du vélo demain, je suis un peu las, une heure de footing, trois heures pour effectuer le ravitaillement hebdomadaire et passer du marché à Carrefour, bon ! en ce premier jour de mon entrée dans ma soixante seizième année il est peut-être souhaitable de ne pas en rajouter, je ne sais pas ce qu’en dit mon coeur, non de ce côté- là, de ce côté là, ça tient, l’autre jour j’ai croisé un vieux monsieur – et dire que j’en suis un – je lui ai proposé de l’aider tant il m’apparaissait peiner, non non merci m’a t-il dit, le coeur ça va, c’est les jambes, j’ai quatre-vingt dix ans …

dernier jour

Mercredi 16 Octobre 2019

21.58 Je vais me coucher, une journée de pluie continue qui s’est épuisée vers les dix-huit heures trente … Madame est rentrée après une huitaine de jours auprès de son vieux père, très vieux père, prothèse des hanches et os d’une hanche a priori fêlée …

Comme souvent sinon en permanence ça me brûle à l’aine, et brûle souvent fort, c’est piquant, mais je n’y ferai pas cuire un oeuf, oui c’est le dernier jour, les dernières heures du dernier jour de soixante quinze ans soit vingt sept mille trois cent soixante quinze jours …

Qu’en ai-je fait …

µµµ

Lettre d’une peau de chagrin – I –

Lettre I

Voisins – Vieillards – Solidarités

    Samedi 28 septembre deux mille dix-neuf    14.39

     Oui c’est bien étrange… Lettres d’une peau de chagrin … Ecoutez, ou ne m’ écoutez pas, qu’importe puisque je n’ai personne à qui parler, personne qui m’entendrait, ou qui m’entendant m’écouterait. Personne à qui me confier, en confiance, les gens ça dit mais bien sûr, non jamais ça demeure entre nous, vous me connaissez, et ces mêmes qui rapportent, sussurrent, je ne vous  ai rien dit hein ! …

   Alors j’écris, une lettre à qui ? sans doute à quelqu’âme, mais il est temps considérant ma vie qui effectivement n’est plus qu’une peau de chagrin… Donc il est temps plus que temps…

   J’ai parcouru quelques lignes du résumé de quatre émissions radios de France-Culture dédiées à la vieillesse, pensum bête à en vieillir prématurément bien que je fusse déjà bien atteint…

   Et je lis ceci ;  Les vieillards ? Comment  entendre leur parole ? Parlent-ils ? D’ailleurs, quel est leur univers de vie ? Quelles sont les couleurs, les odeurs, de leur fin grand âge ? 

    Bonnes questions et je ne suis pas convaincu que les articles chroniques, essais, romans qui ont pu paraître sur la question sussent  y répondre…

   Les vieillards, ah ! les vieillards, dans le quartier ça pullule et j’en suis un !  et ce matin A *** est venue sonner venez voir . Je suis allé voir . Une partie du plafond de l’une de ses chambres s’était effondré. Un artisan est venu ces temps derniers jauger le plancher de son grenier du dessus et a sauté à pieds joints pour l’éprouver. Ce doit être un gros lourd. Il l’a bien éprouvé, les gravats jonchaient épars, toute la chambre …

    Enfin elle me contait que son couple de vieux voisins aussi, mais plus vieux qu’elle, aime t-elle à préciser – C’est ça les vieux, ils s’observent, se comparent, s’évaluent, se donnent des chances de mourir bien après leurs petits camarades – d’ailleurs ne sont-ils pas en meilleure santé,  ne respirent-ils pas mieux, ne se déplacent-ils pas avec plus d’aisance que leurs coreligionnaires, n’ont-ils pas le neurone aussi célère qu’il y a peu ? – donc son couple de vieux voisins ou son vieux couple de voisins, s’est fait voler hier son véhicule et lui apparaît en outre un peu perdu, disons même comme perdant la tête. Aussi A ***  me suggère t-elle d’être l’un des maillons d’ une petite chaîne de solidarité.

   Je vois le coup venir me priant quelque jour prochain d’aller faire les courses des uns et des autres … J’avais levé le bras, pointé l’index haut, et j’ai senti d’où venait le vent et me suis empressé de la prévenir . D »emblée je l’ai prévenue, mon épouse s’est cassée une côte … 

Edgar Morin

Dimanche 8 Septembre 2019 – 7.29 –

Edgar Morin

L’autre soir dans l’émission de la 5  » C à Vous  » je regardais et j’écoutais Edgar Morin 98 ans … je regardais et j’écoutais ...

Certes le vieillard est grand même si le jeune homme est beau, mais l’âge est là et le décatit, le visage émacié et la peau qui se parchemine d’un corps qui a longuement vécu et qui dit ;  » ça va suffire !  » et Edgar Morin le dit lui-même :  » Si à l’extérieur je parais bien, à l’intérieur je sens le poids des ans qui pèse ...  » Ce ne sont pas ses mots exact mais l’exact esprit …

Et moi, soixante quinze ans, je m’amuse à rêver et malgré mes maux et mes sérieux avatars de santé je me dis :  » Diable ! Quatre vingt-dix huit ans, si je pouvais encore un peu … Quelques années encore penser, écrire,lire, marcher, apprécier … Un peu … et échapper à l’établissement d’hébergement pour personne âgée dépendante … « 

Sans doute utiles, mais qui ne sont que trop souvent, en raison du manque de vocation – un peu compréhensible – et donc de motivation des personnels que des maisons de réclusion à perpétuité voire de redressement pour vieillards rebelles ….

Les journées du vieux monsieur

Mercredi 28 août 2019 10.19 23.6°

La Callas – Nuisances sonore – Voisinage

Faut pas trop lui monter sur les pieds au vieux ce matin, bien que Dieu soit loué ! – Combien par mois ? A t-on droit à une déduction fiscale ,- faut pas lui marcher sur les pieds non pas parce qu’il aurait des cors aux pieds, oui Dieu soit loué il n’en a pas , mais parce que monsieur le vieux a très mal dormi.

  Jusqu’à minuit ses voisins qui ont pratiquement leur terrasse sous la fenêtre de sa chambre recevaient.

Certes ils ne faisaient pas de bruit à proprement parler mais ils étaient bruyants, c’est à dire qu’ils causaient et quand on cause la nuit dans une cour ça monte, et quand ça monte ça peut déborder comme le lait.

Qu’est-ce qui est le plus préjudiciable ? le lait qui passe par dessus ou les pias-pias-pias de la causerie des voisins qui passent par votre fenêtre et viennent se vautrer dans vos oreilles ..

    Alors j’ai craqué, pendant vingt-minutes je leur mis à haute dose sonore vers vingt trois heures La Callas dans un opéra de Verdi que diffusait France-Musique… Ma fureur a déplu à madame qui craint des ennuis avec les voisins … Faut se taire dans ce monde en putréfaction, faut se taire, je me tairai, je mourrai donc …


Les journées du vieux monsieur

Une passante

Mercredi 28 août 2019 6.47 19)

  C’est une jolie femme. Une passante. Une blondasse.Mais un examen pubien révèlerait une brune. Sexagénaire ou y approchant qui part et revient du travail à des heures régulières, son petit sac à la main.

Au terme de chaque été elle en revient avec le hâle d’usage, bon chic bon genre. 

  Elle a deux filles majeures dont l’une a des enfants. Quand je la croise dans la rue, elle me snobe, m’ignore, pince les lèvres. Je ne lui demande rien, non, mais depuis le temps que nous nous croisons dans le quartier elle pourrait au moins s’exonérer de cet air suffisant qu’elle affecte.

   Elle est maqué à une type pas mal, un vieux, approchant quant à lui les soixante dix-ans, le crâne rasé, Yul Brynner, toujours bien mis, blue jean rose, et chemise blanche souvent… Peut-être un ancien colonel … Ils roulent en Type 124 Spider le week-end. Je n’y connaîs rien mais j’ai vu le modèle sur Internet, il lui eût plu. 

    Elle me croise et me dédaigne. L’autre jour précisément nous nous sommes croisés sur le trottoir. Le trottoir ce n’est certainement sa tasse de thé, elle a le mari qu’il lui faut, et au lit… mais ce n’est pas le sujet. Et ce serait inconvenant. Bien que je l’imagine dans des positions… Ah non ! mieux vaut que je n’imagine pas. Je n’imagine pas…

    Nous nous croisons alors moi, ce jour-là, je lui plante mes yeux dans les siens.

«  Oh oh Madame est bien bronzée « , je lui souris.

Et j’ ajoute s’arrêtant tandis qu’elle poursuit sans ciller,  » … mais demain est un autre jour…  » elle poursuit et la regardant s’éloigner d’une voix portante je lui lance ;  » … et demain qui est un autre jour vous déhâlera, bonjour le teint blafard, les rides, et votre âge décati. Mon bonjour à monsieur madame... »

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Les Journées du vieux monsieur

Insolation – déshydratation – Coup de vieux

Lundi 25 août 2019 – 18.37 – 30°2

Ciel laiteux, ciel laiteux, après avoir hésité, j’y suis allé  A la piscine, une piscine de plein air …

Le soleil était voilé, se dévoilait, il faisait chaud, je n’avais pas beaucoup bu, j’étais sur le transat, j’alternais lecture et séquences de bassin, mais au retour le vieux a peiné à rentrer et cru à plusieurs reprises qu’il allait s’effondrer et en arrivant s’est envoyé deux bocks d’eau bien que n’ayant pas soif, et s’est couché sur le parquet pendant une bonne demi-heure avant d’aller s’allonger et de se déchlorer par une bonne douche..

  Oui le vieux n’a pas encore compris qu’il était vieux, irrémédiablement vieux, d’ailleurs là il éprouve encore un léger mal de tête.

   C’est la fin quoi ! peux plus, peux plus nager, peux plus prendre le soleil , peux plus… l’été n’étant pas fini passerai-je l’été ..


Les journées du vieux monsieur

Le Sens d’une fin de vie – Le Pape François –

Dimanche 25 août 2019 – 20.21 – 24.9° –

Que faire d’autre que d’essayer de se divertir à mon âge se dit le vieux monsieur, qui sait qu’il radote, ressasse quand il redit, redit je lis, J’écris, je vais chercher mon pain, je fais mon footing, je je … mais je n’aime pas jouer aux cartes, mais je n’aime pas … OK, ok …

   Y a t-il d’autres perspectives, faut-il se préparer à mourir ? mais comment ? prier, méditer, faire du yoga, cheminer et échanger à l’infini sur Dieu, l’espoir, la vie après la mort, ou la mort après la mort ?

Dois-je justifier le fil de mes jours, dois-je m’obliger à une pratique pertinente, responsable de mes jours ? Dois-je rendre compte à tous ces imbéciles qui nous disent que planquer derrière nos fenêtres nous ne savons que chercher des embrouilles aux incivils ?

   Oui je l’ai fait, j’ai dit que je faisais si, ça, que j’essayais de donner un sens à mes jours, certes, mais enfin je frime …

    Alors, alors ? Je viens d’apercevoir le Pape à la télé, Pauvre François tu es bien vieux toi aussi, mais quel poids tu portes courageusement sur tes épaules… 

    Je ne vais quand même pas m’asseoir sur un tabouret le soir et la nuit pour regarder le firmament et la lune comme un point sur un I et le jour pour me brûler les yeux au soleil et regarder le défilé des nuages et leurs chorégraphies …


Les journées du vieux monsieur

Gallica.fr – Gustave Flaubert – Yann Moix –

Dimanche 25 août 2019 – 16.41 – 26.6 °

 J’aime fouiner dans les journaux de la fin du XIXème et du début XXème – que je feuillette sur Gallica.fr -, qui sont de véritables cavernes de lectures où l’on rencontre le peuple c’est à dire chacun d’entre nous, griffé par des plumes expertes et de fins esprits, le peuple saisi dans sa moëlle sans apprêt tel que chez moi par exemple à l’abri des regards, c’est à dire libre, impudique et bohème en short, torse nu, je fume un cigare les pieds posés sur le bord de la table de la cuisine maculée encore des reliquats d’un semblant de repas vite avalé …

Bah ! je fais du Moix, je mets le tout dans un shaker, mon imagination, mes mots, je secoue le vrai et le faux, et ça fait trois lignes de roman, ..

    Et donc, et donc ces lignes de Gustave Flaubert dans  » Un coeur simple  » – Texte de 1877 – L’histoire d’une servante Félicité …

 Son père et sa mère morts, ses soeurs dispersées, elle fut recueillie par un fermier qui  » l’employa toute petite à garder les vaches dans la campagne  . Elle grelottait sous des haillons, buvait à plat ventre l’eau des mares, à propos de rien était battue … 

Tiens elle aussi ! et d’ailleurs plus d’un siècle et demi après combien d’enfants encore sous toutes les latitudes … ( Mais je ne plaindrai pas le petit monsieur Yann Moix ).

 Avec Théodore ils se rencontraient au fond des cours, derrière un mur sous un arbre isolé. Elle n’était pas innocente à la manière des demoiselles, – les animaux l’avaient instruite..- mais la raison et l’instinct de l’honneur l’empêchèrent de faillir.  « 




Yann Moix ( 4 )

Source Site FranceInfo – 25 août 2019 –

Ce n’est pas la première fois que l’écrivain Yann Moix raconte l’enfance brutalisée, maltraitée. Mais la sortie d’Orléans pour cette rentrée littérairedéchire un peu plus la famille de l’auteur. Il y décrit, dans une langue classique et rigoureuse, les violences de son père kinésithérapeute et de sa mère secrétaire, et le silence complice de tous les autres adultes.

Depuis que des extraits sont parus dans la presse, le père de Yann Moix, José, et son frère Alexandre dans Le Parisien du dimanche 25 août, ont pris la parole pour donner leur version de l’histoire, radicalement différente de celle de l’écrivain. On vous raconte comment la famille Moix a fini par régler ses comptes en public.

C’était effleuré dans Panthéon, en 2006 : pour échapper à son sort d’enfant martyr, le petit Yann s’inventait un  » Panthéon  » personnel, où il logeait François Mitterrand, Charles Péguy ou Thérèse de Lisieux. Et Naissance, prix Renaudot 2013, était hanté par le thème de la violence parentale. Dès la première page, Yann Moix prêtait à son père l’intention de  » briser les dents «  d’un fils lauréat Goncourt du premier roman ( pour Jubiliations vers le ciel, en 1996 ).

Yann Moix a souvent décrit, en interview, son enfance maltraitée. A Libération, en 2006, il précisait :  » Pas enfant martyr, pas frappé de façon systématique, pas mis au placard, mais frappé de façon disproportionnée par rapport à mes conneries. »  

En 2018, à L’Express, il détaille : « Ça allait des coups de rallonge électrique à l’ingurgitation de force de mes propres excréments, en passant par des coups de poings et de pieds…« 

Si cela s’était produit aujourd’hui, j’aurais certainement été placé en famille d’accueil.Yann Moixà « L’Express »

Dans un entretien à Marie Claire, qui avait fait grand bruit, en janvier 2019, à cause de ses propos sur les jeunes femmes asiatiques, il y revient : « Lorsque j’allais à la piscine, comme je me faisais frapper avec des rallonges électriques, j’avais le dos lacéré ». Mais jusqu’à présent, sa famille n’avait jamais réagi publiquement.

Cette fois, Yann Moix y consacre tout un roman. Un  » roman d’humiliation comme il y a des romans d’initiation », explique Yann Moix dans une vidéo publiée par sa maison d’édition. Orléans est le lieu de l’enfance maltraitée, de la maternelle à la fin du lycée. Le livre, rythmé par le calendrier scolaire, est divisé en deux parties :  » Dedans «  où Yann Moix décrit un enfer familial et  » Dehors «  où il emmène ses lecteurs avec lui à l’école.

La première partie est effroyable. La mère du narrateur le regardait avec de « la haine et du mépris dans le regard » et « luttait sans trêve contre l’idée de me noyer dans l’eau mousseuse du bain ou de m’étouffer sous l’oreiller de mon petit lit », écrit Yann Moix. L’écrivain décrit un grand nombre de raclées. Après avoir fait « choir par mégarde un yaourt nature sur le carrelage de la cuisine », l’enfant est soulevé de son siège  » par les cheveux, puis traîné dehors « , où il attend la suite de la punition dans le froid de la nuit.  » La main de mon père, dure comme un soleil, vint percuter mon visage (…) Tiré par les cheveux, agoni de syllabes furieuses, jeté ensuite sur mon lit. »

On s’en fout, si ce n’est pas vrai, alors Yann Moix est vraiment un immense romancier.une éditrice de la maison Grassetà BFMTV

La couverture du livre indique qu’il s’agit d’un  » roman  » et non d’un  » récit « . Mais avec Orléans, le lecteur navigue dans la zone trouble de l’autofiction, où le romancier s’autorise à nourrir un roman d’éléments empruntés à la réalité, sans que l’on sache jamais ce qui est véridique ou non.  » C’est un peu romancé « , glisse une  » figure de l’édition parisienne bien informée «  au Parisien

Une éditrice de chez Grasset croit volontiers à la réalité de l’histoire, mais confie à BFMTV :  » D’un point de vue purement littéraire, on pourrait ne pas se poser la question de la vérité. »

« Tout d’abord, je tiens à dire que notre fils n’a jamais été battu. » José Moix, le père de l’écrivain accorde une interview à La République du Centre, le 17 août. « Tout ce qui est relaté dans Orléans n’est que pure affabulation », insiste-il. Il reconnaît avoir puni son fils, mais justifie les sanctions par les actes d’un « ado dur »« Comme cette fois où Yann a tenté de défenestrer son frère du premier étage (…) ou quand il a mis la tête d’Alexandre dans les WC et a tiré la chasse d’eau ». Mais le père assure qu’il s’agissait alors d’une « bonne paire de claques » et jamais de coups de câbles électriques comme le relate Yann Moix.

 » Peut-être qu’au fond, si j’avais été moins sévère, il n’en serait pas là où il est aujourd’hui.José Moix à  » La République du Centre »

Puis vient le règlement de comptes.  » S’il avait vraiment été un enfant battu, qu’on ne l’avait jamais aimé sa mère et moi, croyez-vous qu’on lui aurait payé ses études jusqu’à Sciences Po ? «  demande son père, toujours à La République du Centre » On a acheté un appartement à Paris pour qu’il loge le temps de ses études, on a payé son loyer et ses charges jusqu’à au moins ses 30 ans », assure José Moix.

Le lendemain de la publication de l’interview de son père, l’émission « Sept à huit » est diffusée sur TF1. Yann Moix y reprend les détails déjà distillés dans ses romans et précédentes interviews. Une nuit dehors à cause d’un yaourt tombé par terre, des coups de rallonges électriques pour s’être amusé à sonner chez tous les voisins de l’immeuble. Il décrit sa mère le poursuivant avec  » des couteaux de boucher « . Elle était en outre « comme une collabo. Elle informait régulièrement la Kommandantur des exactions que je pouvais commettre. » 

 » Au moment où vous recevez le coup, vous ne ressentez strictement rien. Rien du tout. Pendant deux secondes. Et ensuite il y a comme une sorte de fraîcheur intense. Comme si vous étiez recouvert de menthe. Et ensuite ça brûle. Ça brûle très longtemps. Ça reste.  » Yann Moixà TF1

Dans l’entretien, comme dans Orléans, il dénonce également le silence complice des autres adultes. « Tout le monde était dans le déni le plus total », poursuit-il. Désormais, l’écrivain considère que ses parents « n’existent plus »

Dans une lettre adressée à L’Obs, et publiée le 22 août, José Moix reconnaît à nouveau des  » sanctions  » infligées à son fils, méritées selon lui, mais pas les  » sévices décrits par Yann « . « 

J’ai moi-même été abandonné et martyrisé. Je me suis construit tant bien que mal « , écrit l’ancien kiné de 75 ans. Surtout, dans ce courrier, il estime que Yann Moix omet de raconter comment il a traité Alexandre, son petit frère de quatre ans son cadet.  » A partir du moment où Alexandre est né, il n’a jamais pu supporter qu’il existe « , assure José Moix.

C’est Yann qui courait après son petit frère  » avec un couteau de cuisine « , poursuit-il, qui  » cassait systématiquement tout ce qui appartenait à son frère, le rabaissait sans cesse, l’humiliait et le rouait de coups dès que nous avions le dos tourné «  » Yann est probablement une victime, mais il en oublie une autre, son frère « , justifie encore José Moix.

Le père de l’auteur termine en expliquant avoir lu Orléans » C’est un roman magnifique. Mais c’est une pure œuvre de fiction (…) Ce sont les interviews que donne Yann et l’angle de sa promotion qui dénaturent la réalité. » 

Après avoir envisagé de faire interdire la parution, José Moix s’est finalement rétracté.

Il est absent du roman et était resté silencieux jusqu’ici. Alexandre Moix, le petit frère de Yann, publie à son tour une lettre ouverte, intitulée  » mon frère, mon bourreau »  dans Le Parisien, samedi 24 août. « Je n’ai pas de frère », entame-t-il, je suis le ‘mec qui habitait en même temps que Yann chez ses parents' »

 » Ma naissance, quatre ans après la sienne, aura donc été son chaos. La fin de son monde » , poursuit Alexandre Moix, également écrivain et réalisateur. Le cadet dépeint son aîné en  » Petit Prince  » ne supportant pas la présence de ce petit frère.

« J’ai subi vingt ans durant des sévices et des humiliations d’une rare violence de sa part. Ceux-là mêmes qu’il décrit dans son roman, en les prêtant à nos parents », affirme-t-il, reprenant les mêmes exemples que son père.  » Ma mère me poursuivait dans la cuisine avec un couteau de boucher « , affirme Yann ? C’est lui qui, adolescent, « me pourchassa (…) avec un énorme couteau de cuisine en hurlant -prêt à me tuer- qu’il allait me  » saigner comme un goret « , réplique Alexandre.

Dans sa vie, mon frère n’a que deux obsessions : obtenir le Prix Goncourt et m’annihiler. Me nier, m’éliminer, me rayer de la carte.Alexandre Moix dans  » Le Parisien « 

Alexandre Moix raconte également que son frère a essayé de le défenestrer et de le noyer dans la cuvette des toilettes, alors qu’il n’avait que 2 ans. Il affirme qu’à l’âge adulte, son aîné a continué de tenter de lui nuire et de l’empêcher de faire carrière. Leur nom de famille même aurait valu à Alexandre des  » menaces téléphoniques nocturnes « .

Selon lui, l’auteur d’Orléans pouvait l’appeler pour hurler : « Je vais t’envoyer des mecs chez toi qui te feront faire passer l’envie d’utiliser mon nom, p’tit con ! Il n’y a qu’un Moix sur Terre ! Et il n’y aura qu’un Moix dans la littérature ! Il n’y aura qu’un Moix dans le cinéma ! Moix, c’est moi !  » 

Qu’y a-t-il de vrai dans les romans de Yann Moix ? 

«  Face à l’ampleur des immondices qu’il déverse dans son roman et dans les interviews qu’il donne, j’avais préféré imaginer un instant que mon frère avait pu y croire lui-même, explique Alexandre. Or j’ai appris que Yann se vantait en privé d’avoir tout exagéré, à l’excès, à dessein « , ajoute-t-il.

  • Source site FranceINFO –

Les Journées du vieux monsieur

Erskine Caldwell – Mon père – Des morts et des vivants

Dimanche 25 août 2019 – 11.43 – 22.6°

J’ai emprunté un Poche  » Nous les vivants  » d’Erskine Calwell l’un des grands de la littérature américaine. Un livre de Nouvelles.  » J’avais cru que les hommes n’aimaient jamais les femmes de la même façon que celles-ci aimaient les hommes.  » …

   J’avais jadis lu déjà un livre de ses Nouvelles. Erskine Caldwell a l’âge de mon père. Ils sont de la même année. J’ai soixante quinze ans. Eux ils en ont cent seize, cent seize. C’est un bel âge…

    Ils ne sont pas très vieux au regard de la nuit des temps.

Certes j’ai connu mon père, mais je n’ai jamais rencontré ni vu Erskine Caldwell, ils s’en sont allés l’un et l’autre, je ne sais où, mais je me meus dans le fluide de leurs âmes ne sachant pas trop si c’est moi qui les traverse ou elles qui me parcourent, Oh ! c’est moi qui imagine, ni elles me parlent, ni ne me font des signes, et d’ailleurs comme des milliers d’autres dont j’ai fait la connaissance palpable ou non au cours de mon long cheminement

Joseph Delteil écrivait cette dédicace ;  » Aux morts pour qu’ils vivent. Aux vivants, pour qu’ils aiment.  »

…  

Yann Moix ( 3 )

C’est un nouvel acte de la tragédie familiale des Moix.

Dans une lettre ouverte publiée par Le Parisien, samedi 24 août, Alexandre Moix, petit frère de Yann Moix, accuse son aîné d’avoir été son  » tortionnaire «  et d’avoir fait passer pour siennes, dans son dernier roman Orléans ( Grasset ), les violences qu’il a infligées à son cadet dans leur enfance.

Alexandre Moix confirme ainsi la version des faits présentée par le père de la fratrie, José Moix, dans une lettre à L’Obs.

 » J’ai subi vingt ans durant des sévices et des humiliations d’une rare violence de sa part. Ceux-là mêmes qu’il décrits dans son roman, en les prêtant à nos parents. – Alexandre Moixdans une lettre ouverte au  » Parisien « 

« Aujourd’hui, je ne peux plus le plaindre, le couvrir ni me taire. Il sacrifie la réalité sur l’autel de ses ambitions littéraires. C’en est trop « ,

explique Alexandre Moix, dénonçant « l ‘ampleur des immondices «  que son frère, nombriliste et  » prêt à tout « ,  » déverse dans son roman et dans les interviews qu’il donne « , selon lui.

Le cadet dépeint son aîné en  » Petit Prince  » ne supportant pas la présence de ce petit frère, plus jeune de quatre années. Et Alexandre Moix dresse la liste glaçante des sévices et agressions dont il accuse Yann Moix.  » Tentative de défenestration » et  » de noyade «  lorsqu’il avait 2 ans, séquestration dans le grenier à l’âge de 7 ans,  » destruction systématique de [ses] nouveaux jouets », traque dans la maison, couteau de cuisine à la main et menaces de l’égorger, tentatives d’étranglements et pluies de coups en pleine nuit, humiliations verbales le jour…

 » En matière de sévices, Yann [Moix] faisait preuve d’une imagination débordante « , résume Alexandre Moix, confirmant ainsi les dires de son père, José Moix, à L’Obs.

Egalement écrivain et documentariste, le cadet affirme qu’à l’âge adulte, son aîné a continué de tenter de lui nuire et de l’empêcher de faire carrière.

Mais ce que ne tolère pas Alexandre Moix, écrit-il, c’est que Yann Moix, se dresse désormais  » comme le porte-flambeau de la cause des enfants malheureux « .

  • Source ; Site FranceInfo –

Les journées du vieux monsieur

Un petit déjeuner dominical

Dimanche 25 août 2019 8.29

Le 5 août 1878 des passants donnaient la chasse à un chien qui tenait dans sa gueule l’apparence d’un pied humain. Le chien lâcha prise, et le pied petit et croquignolet bien qu’ensanglanté et gluant encore.

L’on chercha les restes, l’on trouva et ce ne fut pas triste.

On commença par trouver un tronc humain que l’on reconnut être celui d’un joli bustier de femme, puis les entrailles, puis plus loin, un bras, une jambe, la deuxième jambe… Il manquait un bras, l’on ramassa une tresse de cheveux qui avait été arrachée du cuir chevelu ...

Et plusieurs jours après, le deuxième bras, puis la tête furent retrouvés alors qu’un chien pour le bras, un choucas des tours ( Coloeus modenula ) pour les yeux s’en repaissaient encore …

Bien , ça ne va pas ? où vas-tu ?

Vomir le croissant ne passe pas dans le café au lait …

Les journées du vieux monsieur

Samedi 24 août 2019 – 20.30 – 27.1° 

    L’éducation, la bienséance obligent-elles à taire tout ce qui … Tout ce qui quoi ? 

   Oui tout ce qui attente à l’intégrité de la personne, atteint à sa dignité, moque l’une de ses particularités physiques, dévoile l’une de  ses intimités contre son gré, mais est-ce malséant de raconter, du moins de conter, de développer une aspérité personnelle, une inclination déviante, dès lors que l’on pressent qu’elles revêtent un aspect universel et que chacun est là qui se triture l’esprit, l’âme, et se cogne la tête contre les murs, se débat entre Dieu et le Diable, le vice et la vertu, la maîtrise et la pulsion …

    Alors que les évoquant, le partageant, échangeant, l’on découvre que nous trempons pour la plupart d’entre nous dans le même marigaud  mais je m’incline devant les intégristes de la vertu qui file leur vie les mains jointes sur le prie-Dieu.

    Je viens de lire à ce propos – manière de parler – dans une feuille de 1872 ( Fantaisie Parisienne de la Grande Duchesse de Gérolstein ) sous le titre  » Les Matines d’un chanoine  » la recette de préparation du homard ce cardinal de la mer, et j’ai pensé au pauvre ministre François de Rugy déchu qui crut bien faire un soir pour rendre honneur à ses invités ..


Les journées du vieux monsieur

Samedi 24 août 2019 – 14.18 – 33°

   … Les bosquets sont déserts la chaleur est extrême, les vents sont à l’amour, l’horizon est en feu, toute femme ce soir doit désirer qu’on l’aime…

    Las ! savent-ils ceux qui le croisent que lui le vieux monsieur s’il a ce corps de vieux, meurtri et détruit, il est encore possédé par des désirs soudains, imaginent-ils ceux qui le croisent qu’il a des pulsions d’adolescent, mais que mais que il ne peut plus aimer et se faire aimer et pourtant, et pourtant.. mais il est désormais dans l’irréversible…

   Il a découvert juste avant que la maladie ne l’émascule il y a quatre ans que l’on pouvait avoir de belles émotions, vraies, simples avec des hommes, vivre des plaisirs jusqu’alors fantasmés, et en toute spontanéité, sans verbiage et respectueuses… Devient t-on bi lorsque l’on entre dans le grand âge ..

Puis la maladie l’ayant anéanti aujourd’hui ses montées de fièvre se traduisent par des effleurements en solitaire de son sexe dénaturé, alors il va errer un temps sur les sites pornos, il aime bien entre autres regarder les femmes entre elles, c’est moins rustre et barbare que les rapports entre les hommes et les femmes…

   Là, il en revient, il se touchait, mais il a cessé, l’épouse revenait d’une course et hormis le fait qu’après chaque orgasme il se retrouve en plein désarroi, désappointé, triste, la dernière fois, il y a quelques semaines, s’étant masturbé, il est resté allongé pendant trois heures après son orgasme, sans pouvoir se mouvoir sur son lit, tant il craignait de s’évanouir…

Un trouble vagal sans doute ...

    Solitude, solitudes … 

     Alors dans ces contextes prendre les devants, prier, aller boire un grand verre d’eau … Il n’a pas abordé la chose avec son jeune médecin traitant…Mais que lui dirait-il ? Faites, faites … Mais faites attention aussi ..

    Les bosquets sont déserts, la chaleur est extrême, les vents sont à l’amour l’horizon est en feu.

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Les journées du vieux monsieur

Vendredi 23 août 2019 – 16.05 – 26.1°

    Heureusement que les calendriers existent parce que je perds la notion des jours. Ce matin je me croyais samedi mais je sais que je ne sais plus si je crois en Dieu ou pas…

   Je suis revenu de la médiathèque avec un bel amas de livres que je ne lirai pas, et dont  » Les Confessions de l’ange noir  » de Frédéric Dard, alias San-Antonio.

    J’ai une pensée pour ceux qui ne connaissent pas San Antonio, ils vont mourir idiots. 

    Ces confessions d’après ce que j’ai lu hâtivement sont une suite de petits romans policiers que Frédéric Dard alors âgé d’une trentaine d’années commençait à commettre.

    Tel ce  » Boulevard des allongés  » …  » Ma main fend ses jambes comme un soc de charrue fend la terre généreuse …  » Les féministes seraient capables aujourd’hui de poursuivre San-Antonio … en attendant ces dames commencent à y perdre, nombreuses sont celles qui regrettent et se plaignent de ce que leur gigolo leur refuse désormais la carpette espagnole, la brouette chinoise, les spirales du caméléon, et le grand huit … Notamment !

    Tiens à propos de jambes, en couverture de Paris-Match cette semaine Alexandra Sublet souriante, crâneuse, qui exhibe ses longues et jolies jambes soit ! je n’irai pas cracher dessus, pour autant j’ai sur le fond beaucoup de mépris pour ce type de femmes qui couche avec le tout-venant pour peu qu’il ait en l’instant une petite notoriété, qui se font cracher un enfant, puis qui l’enfant obtenu, jette le bonhomme …

    Les vieux ont toujours mauvais esprit, c’est bien connu, ils jalousent ceux qui jouissent de la vie sans honte, ni remords quand eux en étaient pétris, ayant toujours toucher la vie du bout des lèvres mais ne les y trempant pas…… 

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Yann Moix – ( 2 )

Suite aux accusations de violences de Yann Moix, subies dans sa jeunesse par son père, dans son dernier roman  » Orléans  » (Grasset), José Moix répond une nouvelle fois. Après avoir d’abord démenti cette maltraitance, il a envoyé une lettre à L’Obs déclarant avoir  » probablement mal agi « , mais en explique les raisons, en évoquant l’attitude de son fils écrivain par rapport à son petit frère quand ils étaient jeunes.

Contrairement à ce que Yann prétend, les sanctions n’arrivaient pas sans raison.José Moixà L’Obs

« En effet, Yann n’a jamais accepté la naissance de son petit frère Alexandre, de quatre ans son cadet. A partir du moment où Alexandre est né, il n’a jamais pu supporter qu’il existe. Lui qui avait été un enfant si doux jusque-là, il est devenu un enfant terrible. Surdoué certes, attachant à beaucoup d’égards, mais malheureusement au quotidien, nous avions de grosses difficultés à canaliser sa violence. Il a toujours voulu «  éliminer  » Alexandre, et quelques fois de manière physique. « 

« Lorsque vous avez un enfant de six ans qui veut défenestrer du premier étage son petit frère et qu’on le rattrape in extremis, comment réagir ? Ou encore lorsqu’il a tenté au même âge de le noyer dans la cuvette des toilettes, ou que, devenu adolescent il courait après lui avec un couteau de cuisine dans la maison familiale ( ce qu’il attribue aujourd’hui à sa mère ! ), qu’il cassait systématiquement tout ce qui appartenait à son frère, qu’il le rabaissait sans cesse, qu’il l’humiliait et le rouait de coups dès que nous avions le dos tourné… comprenez que j’ai probablement mal agi face à l’ampleur des violences qu’il faisait subir à son petit frère. »

Yann est probablement une victime mais il en oublie une autre, son frère.

José Moixà L’Obs

José Moix précise par ailleurs avoir lu le livre accusateur de son fils, qu’il à trouvé  » magnifique « . Mais il lui reproche de publier un livre de « pure fiction » , catégorisé dans les romans, comme une « autobiographie ».

  • Source FranceINFO –

Les journées du vieux monsieur

Le salon de la vie – Abjection masculine – Abnégation féminine

Vendredi 23 août 201910.35 – 20.6°

J’aime bien ces propos du célèbre Arséne Houssaye, fameux chroniqueur  » bohémien  » du XIX ème, écrivant en liminaire de ses Mémoires  ; 

    » Il n’y a pas grand mal à frapper les trois coups et à lever le rideau pour se montrer dans son rôle, si on a joué un rôle quel qu’il soit dans la comédie humaine.

   Il est bien entendu que ce n’est pas un sentiment d’orgueil qui m’inspire ici . Non plus un sentiment d’humilité,car ce n’est pas pour faire une confession chrétienne que je prends la parole.

   Toutefois je dirai de moi tout le mal que j’en pense. Je sors du salon de la vie, et j’aime mieux m’exécuter moi-même, que d’être exécuté par ceux qui restent… « 

   Ici Madame une fois encore a ingéré la haute dose de venin que mes crocs de vampire conjugal la mordant hier  lui ont de nouveau à haute dose instillé.

  Quel puissant antidote prémunit donc le plus souvent les femmes du comportement cynique, méchant de l’époux infâme qu’elle doive subir plutôt que de le lâcher, le subir à la fois par raison, fatalisme, résignation et sacrifice ..

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Les journées du vieux monsieur

Jeudi 22 août 2019

18.36

Elle, elle n’admet pas d’avoir atteint l’âge de sa mère et de ses grand-mères, d’être entrée dans le club – Silver is the new age -, je sais que c’est grossier de le lui dire mais enfin n’essayons pas de jouer les Meryl Streep quand on en n’a ni le physique, ni les qualités, ni l’intelligence, ni le charme ..

Oui ce propos est bel et bien cruel, mais ce serait si simple d’être ce que l’on est, d’admettre, ce que l’on est devenu(e), même si ce peut-être douloureux, oui je n’aurais pas dû lui dire que j’étais comblé, que j’avais décroché le pactole puisque désormais je croyais vivre avec un pack deux en un la mère et la grand-mère fusionnées… Atroce, odieux, eh oui…

La vie, la vie, ce n’est pas pour tous un long fleuve tranquille, et parfois elle revêt l’aspect d’un châtiment …

A Biarritz on soigne les phoques échoués, qui soigne les vieux couples échoués …

Les journées du vieux monsieur

Jeudi 22 août 2019

11.38 20.2°

Le vieux monsieur a un peu mal dans les genoux. Il a couru pendant une heure et demie ce matin avec son ami J *** qui lui, me court un peu sur le haricot.

Certes quand ils font leur footing, là ils sont en nombre restreint les autres se grâlent sur les plages atlantique, – des bourges qui en ont plein les poches – comme J *** d’ailleurs, mais là c’est une autre histoire, non pas que moi je sois sans le rond mais ce n’est quand même pas le même niveau..

Donc en courant nous dissertons, toujours, J *** lui c’est un mystique ce matin il m’a pris la tête avec Spinoza, soit ! ah ce n’est pas lui qui doit consulter de temps à autre – faut bien se dégourdir les jambes … – le site de  » Jackie et Michel  » alors bon je me fais une raison et puis toutes ces questions de Dieu, de la Mort, du partage, de l’humain m’intéressent, m’interpellent, mais quoi ! de temps à autre il faut se lâcher, d’autant que nous, l’on peut toujours gloser, on ne peut même plus dire ;  » Hein, l’on n’a qu’une vie … « .

Nous nous n’avons qu’un reliquat de vie, et c’est déjà beau d’en disposer, quand certes tout n’est pas merveilleux et simple, la santé, les enfants, mais quand tout tient encore un peu, même si ici et là ça brûle, ça fait mal, c’est douloureux, faut se lever la nuit … ..

D’ailleurs cet après-midi je vais faire renouveler ma prescription, Kardégic, simvastatine, Micardis, cholestérol, tension, fluidité du sang, donc ce n’est pas la gloire hein …

Ce matin je n’ai pas cueilli mais ramassé une pêche qui fatiguait sur sa branche …

Un homme reconnu coupable de viol et de meurtre par étranglement d’une étudiante de 19 ans, et qui proclamait son innocence depuis 20 ans, a été exécuté ce mercredi 21 août aux Etats-Unis.  Non comme ça je viens de le lire …

Les journées du vieux monsieur

Mercredi 21 août 2019 18.01

Le vieux monsieur il rigole. Un peu jaune mais il rigole. Il sait que le croisant, l’apercevant, l’on pense tiens voilà le vieux du 2 rue ..

   Parce que oui c’est un vieux, un vrai vieux, il a l’âge d’être vieux, il a la peau d’un vieux, alors le vieux il a renoncé puisque scientifiquement je suis un vieux, puis qu’ils disent tous que je suis un vieux, eh bien soyons-le !.. mais j’en profite pouvant désormais claquer à tout instant.

   Las ! le vieux a une âme de dix-huit ans et aimerait pouvoir aimer encore, et, et et, … Eh oui, eh oui…

   Alors de quoi il va vous parler le vieux ce soir des Barbus ? de Booz endormi ? Booz ne savait pas qu’une femme était là et Ruth ne savait pas ce que Dieu voulait d’elle... Du Salammbô de Flaubert ? C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar, de ce propos d’Etiemble dans sa préface – 1962 – des Frères Karamazov de Dostoïevski ?, et disant ;

«  A tous les petits jeunes gens pressés de pondre chaque année le roman qu’il convient de publier en octobre afin d’occuper l’attention de nombreux jurys littéraires, peut-être vaut-il mieux rappeler que l’histoire des Frères Karamazov, Dostoïevski la porta en soi pendant trente ans … « 

   Allez deux mots sur les Barbus, c’était en Mai 1938 un congrès saugrenu , le congrès des barbus qui se tînt au Japon, et puis l’histoire de cet ouvrier mouleur de petite taille de Montluçon, Louis Coulon, un mètre cinquante-sept, l’homme le plus barbu du monde, qui arborait une barbe de trois mètres trente de longueur, qu’il portait repliée sur son bras et lorsqu’il travaillait afin qu’elle ne s’enflammât pas, il la roulait, et la glissait comme un matelas sur sa poitrine, entre sa peau et sa chemise, et que et que … tout à la fin du XIXème siècle des garçons de café se mirent en grève pour protester contre l’interdiction du port de la barbe tandis qu’un député soumit un projet de loi qui exposait les employeurs qui refuseraient le port de la moustache à des amendes voire à de la prison.

    Je me demande pourquoi je raconte tout ça …  et j’ai cueilli ce soir ma première pêche, il y en a six cette année dans ce pauvre petit pêcher qui a daigné croître il y a quelques années dans le fond de la cour dans la lampée de soleil qui lui est octroyé chaque jour en début d’après-midi, j’ai humé la pêche, je me la réserve pour demain je suis certain que sa chair est douce et sucrée et savoureuse… La vie est là simple et tranquille, simple et discrète, parfois heureuse, quelques secondes …


Les journées du vieux monsieur

Mardi 20 août 2019 16.46

Je suis un peu crevé depuis deux jours j’ai vidé le cabanon du fond de la cour des colonnes du journal Le Monde, et d’hebdomadaires tels Le Point, L’Express, Le Nouvel Obs que j’accumulais depuis des années, et que l’humidité, la poussière, les vers et araignées commençaient à détériorer. C’est fait ..

Mais quel gâchis ! que de papiers achetés, feuilletés depuis des années, sans être ou à peine lus, et je sais que je recommencerai, éteindre dans mon lit sur une page du Monde et m’endormir c’est ma tisane à moi …

Et que fait le reste du temps le vieil homme pour meubler ses journées ?

Je les vois mes congénéres, certains font vingt allers retours dans leur journée, d’autres vont dix fois chercher leur pain, d’autres font des sorties leur petit cartable à la main ou leur petit sac à dos façon jeune, sans doute comptable, ou secrétaire d’une association, et tout ça donne l’impression d’être encore au monde.

On nous y a mis mais on ne veut plus en sortir.

Suis-je plus intelligent qu’eux moi qui n’aime ni les jeux de société, ni les jeux de cartes, ni les sudokus et ni … la société … ? Sans doute pas.

J’ai dit que je faisais du footing, du vélo, me rendais à la médiathèque, regardais des émissions et des séries télévisées, lisais, écrivais, retranscrivais tel un moine copiste des poèmes, des proses bien écrites . Là je suis sur Salammbô de Flaubert.

Et tout ça pour quoi ? Pour rien, pour qui ? pour personne. Pour passer le temps … En attendant …

Et pourquoi je commets des choses sur les blogs ? Parce que j’estime que c’est un peu vain de laisser mes mots dormir sur des pages. Alors plutôt les proposer à quelque curiosité …

Tout ça pour dire que j’essaie de faire de mes journées – mais il y a aussi des abandons, des lassitudes, des endormissements – quelque chose de rempli qui leur donne un sens, qui me donne une raison d’être ...

Quand je me suis redit une dizaine de poèmes, quand j’ai reproduit de belles pages, quand j’ai croisé cet ancien notaire qui va découvrir Proust et Balzac – Je lui ai aussi conseillé Marcel Aymé, Dos Passos … j’aurais pu en citer d’autres mais j’aurais été le pédant – quand j’ai pu être compris et pu aider l’un de mes enfants de quelque conseil, quand j’ai fait quelque chose en commun avec l’épouse, eh bien merci mon Dieu, je vous offre cette journée …

Et je finis par bien dormir et surtout, surtout, non pas par être heureux, peut-être je ne sais, non j’ai trop de soucis, mais je me sens sinon bien , je me sens mieux, et là je vais m’offrir une petite collation…

Yann Moix…

Pas encore sorti, le nouveau roman de Yann Moix suscite déjà la polémique. Orléans, son prochain ouvrage prévu pour le 21 août, est une autobiographie revendiquée, ancrée dans le tragique de l’enfance de l’auteur, et évoque notamment la maltraitance parentale dont il se dit victime. « Qui a lu l’oeuvre publiée de Yann Moix sait déjà qu’il est prisonnier d’un passé qu’il vénère alors qu’il y fut lacéré, humilié, fracassé « , expliquent les éditions Grasset en présentation du livre.

En 2006, dans son roman Panthéon, Yann Moix évoquait déjà des maltraitances de la part de ses parents, auxquelles il échappait par la création d’un panthéon imaginaire d’auteurs et de grandes figures. Dans Orléans, le romancier revient cette fois-ci explicitement sur les violences dont il dit avoir été victime, avec plusieurs scènes choc. Dans l’une d’elles, le petit Yann est forcé, devant des invités, à manger ses propres excréments servis à table.

L’écrivain soutient également que sa mère le regardait avec de  » la haine et du mépris dans le regard « .  » Elle luttait sans trêve contre l’idée de me noyer dans l’eau mousseuse du bain ou de m’étouffer sous l’oreiller de mon petit lit « , écrit-il. Le tout dans l’indifférence des proches de la famille et de son entourage à Orléans.

Un procès que rejette en bloc José Moix, père du lauréat du prix Renaudot, dans une interview accordée à la La République du Centre. « Je tiens à dire que notre fils n’a jamais été battu « , entame le père, avant d’admettre que « la notion d’enfant battu a évolué entre les années 1970-80 et aujourd’hui. »

Il reconnaît ainsi avoir distribué  » une bonne paire de claques  » au jeune Yann lorsque celui-ci a  » tenté de défenestrer son frère du premier étage  » ou qu’il lui a mis la tête  » dans les WC et a tiré la chasse d’eau « .

Tout au plus, José Moix estime-t-il avoir été  » strict « ,  » mais jamais je n’aurais été capable de faire manger ses excréments à mon fils. Prétendre cela relève de la psychiatrie, ce n’est pas possible ! «  Le père nie également les accusations de violence physique dont Yann Moix l’accuse.

 » Il a dit que je lui tapais alors dessus à coups de fouet ou de fils électriques, explique-t-il. […] Tout ça est totalement faux. Je n’ai jamais frappé mon fils à coup de câbles électriques, ou avec quoi que ce soit . »

  • Source FranceInfo –

Ce matin j’ai croisé…

Mardi 20 août 2019 11.47

Ce matin j’ai croisé

... Un ancien notaire qui arpente tous les matins les sentiers bordant la rivière, sac à dos, short et godillots de marche qui disait entamer les sept volumes de l’oeuvre de Marcel Proust, mais qui ajoutait ;  » Oui enfin à l’âge que j’ai il est peu probable que j’aille jusqu’au bout… « 

Et pourquoi pas …

... Une très belle jeune femme blonde, faisant aussi son footing en shorty court et étroit, arborant de magnifiques cuisses puissantes et fines à la fois… Véritable vestale …

Je courais avec un ami, seul, j’aurais pu lui dire ;  » Madame m’autorisez vous à vous dire que vous êtes splendide et rayonnante..  » Je la rêve nue, ronde et belle, et douce…

Un bonnet de nuit

Dimanche 18 août 2019 14.55

Le soleil revient, vive le soleil.

A vrai dire le soleil je m’en tape. Je reconnais que lui il brille et moi pas. Moi je suis le bonnet de nuit que l’on fuit. Qu’importe l’on me fiche la paix. A bon entendeur salut ! n’achetez pas un bonnet de nuit sauf, sauf si vous avez froid la nuit, sinon n’en achetez pas, mais soyez-le pour les autres et vous connaîtrez la grâce de la solitude…

Vous voyez c’est ça et la grâce de la solitude et le bonheur d’une écriture impromptue, vous êtes assis ou assise, prenez votre stylo, ou vous faites danser vos doigts sur le clavier et et les voici les uns ou les autres qui s’envolent et viennent vous conter une histoire sérieuse ou folle, mais qu’importe vous avez passé un bon moment …

Car vous vous relisez et vous vous découvrez l’auteur d’ un joli petit texte amusant et frivole, de l’éphémère certes mais n’est-il pas éphémère le goût de la glace que vous lappez, celui de lèvre que vous embrassez, du plaisir que vous prenez…

N’est-ce pas ainsi qu’il faut entendre la vie…

Vieilleries. Vivre vieux non merci …

Dimanche 18 août 2019 – 7.25 – 19.8°

C’est sous un crachin bien breton que je découvre le propos désabusé, volontaire, empreint d’un fataliste esprit d’abnégation d’une bretonne du grand nord de la Bretagne et que je cite ;

 » Je trouve que l’on est trop nombreux, nous les vieux, ce n’est pas drôle pour les petits jeunots d’être entourés de fossiles, ridés comme de vieilles pommes, riant à plein dentiers, marchant comme des tortues chancelantes, quel spectacle affligeant ! Nous sommes tellement nombreux, nous les enfants issus du babyboom, qu’il est grand temps que nous dégagions « 

Dieu sait, il ne le sait que s’il existe, que sur la chose je ressasse et vit avec, mais enfin je n’entends pas pour autant souhaiter dégager pour le bonheur de ceux que mes sénilités dérangent et contrarieront …

Comment ! aurions-nous à rougir, à culpabiliser d’être encore vivants ! à nous excuser d’être encore vivants pour libérer l’espace à des jeunes pour lesquels l’on fait tant déjà , qui trahissent souvent les valeurs que l’on a crues devoir leur inculquer, qui n’ont pas le sens du travail, de l’effort, et qui ne savent pas même éventuellement nous être reconnaissants …

Ou alors soit ! donnons-nous la main dans un grand mouvement solidaire regroupons-nous, rassemblons-nous, nous les vieux, grabataires de tous les pays unissons-nous , fauteuils roulants, alzheimériens, nous les nouveaux déchets, les usurpateurs, et Hosanna au plus haut des cieux, enfermons-nous, hosanna gazons-nous …

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Sale temps que j’aime et blabla

Samedi 17 août 2019 – 13.37 – 22°1

Au creux de la vague, au fond du nombril de ce mois d’Août, à la mi-temps de cet an deux mille dix-neuf, il pleut sur cette côte Ouest de la basse-Bretagne, il fait frais et l’on remet les pelures d’automne.

Et j’imagine méchamment ces estivants séquestrés dans leurs studios encombrés regardant derrière leurs vitres ruisselantes la mer grise qui là-bas ondule sous les embruns …

Le bronzage, les beurrages à l’huile solaire, les glaces, ça sera pour la fin de la semaine… Moi j’erre entre poèmes, séries, lectures, et écritures mais je ne suis pas l’écrivain autrichien, le prix Nobel de littérature 2004, Elfriede Jelinek qui, âgée de soixante douze ans, âge noble, évoque son  » blabla  » et déclare s’agissant de l’écriture ;

 » Quand ça vous prend, vous ne pouvez pas lutter. Ecrire n’est pas une chose que je décide. C’est comme vomir, je ne peux pas m’en empêcher. « 

Suicides …

Se suicidera t-elle la veille ou le lendemain ?

C’est l’idée qui naît aujourd’hui immédiatement en l’esprit lorsque l’on reçoit un de ces plis luxueusement gravés où s’enguirlandent deux belles initiales, et par lequel M. et Mme X… ont l’honneur de vous faire part du mariage de leur fille.

   En effet, en l’espace de quinze jours, nous enregistrons, entre nombreuses morts volontaires, deux suicides dans les conditions sus-mentionnées.

   Les fleurs nuptiales destinées à suivre la vierge à l’autel, l’accompagnent au tombeau.

Et l’épouse d’hier vient se briser la tête sur le pavé.

La Comédie humaine . Revue littéraire, artistique, humoristique et mondaine – Dimanche 31 octobre 1886.


Je suis un alcoolique

J’abdique, je renonce, je m’épure, je m’apure, plus de chichi, plus d’alibi, plus de contournements, je suis donc j’assume.

Plus de chroniques du grand vieillard, ( Pauvre con ! ( je me parle à moi-même comme Valère à son bonnet ) plus de lettre à une inconnue, je suis donc j’assume, plus de miel pour attirer les mouches, juste que j’écris comme d’autres boivent ..

Il me faut ma bouteille, mes litres quotidiens de mots, de mots forts, pour tenir, sinon je déprime, je coule, je m’abîme. Que m’importe ce qu’ils racontent ces mots que je bois déraisonnablement, c’est leur problème, ce n’est pas le mien, là c’est à eux d’assumer …

A la correspondante inconnue ( 8 )

Vendredi 16 août 2019 – 17.48 – 23.5° –

Oh oh ! oui c’est moi , je suis là ! Hou, hou …

Eh bien le timbré vous dit bonjour il eut aimé passer un après midi à la piscine en plein air d’à côté, pas de chance le soleil n’a point voulu poindre aujourd’hui … Alors que mon bronzage de début juillet tend à s’estomper et que mon emplâtre de vieux va finir par reprendre le dessus…

Vous : Tiens voilà le timbré !

Pensez-vous à moi comme je pense à vous, vous savez c’est terrible de n’avoir personne qui pense à vous … Et c’est ainsi que l’on s’en va glissant sur la pente des jours, mourant, seul … Pas grave, et chacun y passera, ça console

Lamartine, je le lisais hier, racontait que sa mère chaque soir s’enfermait pendant une heure ou deux pour écrire d’un trait, sans lever la plume son journal du jour. Elle y couchait :  » Les dates heureuses ou tristes, les évènements intérieurs, les épanchements d’inquiétudes et de mélancolie, les élans de reconnaissance et de joie, les prières toutes chaudes jaillies du coeur … »

En tenez-vous un ?

La poisse ! j’ai lâché le waterman qui a roulé et s’est planté la plume dans le parquet …

Claire Chazal, la Mort et Dieu

Vendredi 16 août 2919 11.31

Chazal, La Mort et Dieu

Je vois Chazal assise sur un rocher qui pose sur la couverture de Paris-Match. 62 ans bon ! le dire n’est pas l’injurier, mais enfin s’exhiber comme une poupée Barbie et que la mort obsède, m’agace ;

 » Il y a le compte à rebours avec la mort. On commence à imaginer les années qu’il nous reste, à envisager de ne pas assister à la naissance d’un de ses petits-enfants…« , raconte-t-elle alors.

Pauvre chérie, parlez-en à Dieu vous qui êtes dans la communication, montrez-lui vos jambes, vous le séduirez peut-être mais à ma connaissance vous seriez bien la première, d’ailleurs à propos de Dieu j’ai lu que lorsque pour nos fautes il nous abat d’une main il nous relève des deux ..

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C’est Dieu tout craché …

Une sale histoire de noyaux !

Jeudi 15 août 2019 22.O5 19.05°

Oui il a été bien morose ce quinze août deux mille dix-neuf, oui j’aurais mieux été inspiré d’aller faire quelques dévotions mais ayant blasphémé ce matin, ayant tour à tour et sans transition évoqué la Virginité de Marie et les seins de Mnasidika, Jésus m’a tapé sur les doigts pour m’être moqué de sa mère.

Oh j’en suis convaincu…

Pendant que ma duègne était absente la semaine dernière j’ai, faisant le ménage, balancé un bol empli de noyaux d’abricots ! de noyaux d’abricots ! et la voici qui ce midi découvrant la disparition de ces cochonneries, elle surgit, et m’assaille furieusement qu’as-tu fait de mes noyaux …

Des noyaux qu’elle me dit avoir lavés, récurés, pour les utiliser dans la confection de ses tartes. Moi je tombe des nues, quoi quoi quoi ! quel rapport ...

J’ai fini par comprendre que les noyaux d’abricots elle les utilisait pour éviter que la pâte gonflât trop vite …

On apprend à tout âge … Mais quand même je m’en souviendrai de ces noyaux d’abricots…

15 août … Ah ! le quinze août

Jeudi 15 Août 2019 10.07 20.4°

J’y suis allé souvent à la messe du quinze août.

J’oserais même dire que la vierge Marie mérite mieux que Jésus ou que son Père qu’on lui rendît grâce … elle aussi en a bavé … une étable, l’affront fait à Joseph …

Par ailleurs je suis un trop grand pécheur pour aller faire le beau et m’incliner au gré des psaumes, épîtres, et évangiles … Ceci dit je ne m’en glorifie pas, et si Dieu ne m’interpelle pas, moi je m’interpelle toujours, Dieu ou pas Dieu …

L’autre jour je parcourais de manière aléatoire des poésies de Paul Claudel et je livre ici quelques extraits, très réducteurs certes, mais qui m’ont touché …

 » Il est midi. Je vois l’Eglise ouverte. Il faut entrer. Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier. Je n’ai rien à offrir et rien à demander. Je viens seulement, Mère, pour vous regarder…. « 

Mais j’ai sous les yeux ces vers de Pierre Louÿs dans  » Les chansons de Bilitis «  Les seins de Mnasidika ;

 » Entre tes bras croisés tu réunis tes seins, et tu les berces mollement comme deux beaux corps de colombes.  Tu ouvres ta tunique et me les tends tièdes et doux, ainsi qu’on offre à la déesse une paire de tourterelles vivantes. « 

Je suis vraiment un grand pécheur. Sainte Marie mère de Dieu priez pour moi pauvre pécheur …



Chroniques d’un grand vieillard 1944 – 20 **

Je me relis, chroniques d’un grand vieillard… ! un peu même très prétentieux … L’on va croire que je suis en fauteuil roulant, ( las, je pourrais l’être merci mon Dieu … ) où que je me traîne le dos courbé, les mains croisées sur les trottoirs… alors que alors que malgré mes maux et les inconforts non négligeables qui en résultent j’ose me dire sinon affirmer que j’ai un coeur de vingt-ans s’agissant de la curiosité, de mes centres d’intérêt, je n’irai pas jusqu’à dire que mon ce coeur serait encore …

Mais… Mais surtout je le dis pour signifier que beaucoup de choses fonctionnent encore qui malgré les coups de déprime favorisent l’exécution des jours et des nuits …mais que je sais désormais précaires, aléatoires …

Chroniques d’un grand vieillard 1944 – 20 **

Mercredi 14 août 2019 17.19 – 22.2 °

Oui je parle souvent de la mort. De quoi voulez-vous que je vous parle à l’avant-avant veille de mes soixante quinze ans ? Je vous entends. Sortez de cette atmosphère mortifère dans laquelle vous vous plongez et complaisez, voyez du monde, regardez le ciel, le soleil, écoutez les petits oiseaux, courez prenez votre vélo, allez au cinéma, lisez ( je ne fais que ça ) écrivez puisque vous aimez écrire ( je ne fais que ça )..

Merci Grand-maman, je sais je sais … je sais tout ça !

Mais je vais vous dire deux choses Un ; Je n’ai tout de même pas envie de mourir toute de suite ou même demain et comme le disait l’autre jour Hugues Aufray qui vient d’avoir quatre-vingt dix ans j’ai encore à faire pour dix ans…

Deux ; Pour autant la mort me hante et plus encore j’en suis curieux, curieux de ses approches … Comment vais-je vivre ma décrépitude, mes affaiblissements, jusqu’à quand vais-je pouvoir me mouvoir et vivre, ce qui s’appelle vivre honorablement ? …

Le sexe des couleurs

Une femme à mon sens n’a pas le droit de porter du rouge. Le rouge n’est pas féminin. Les couleurs ont un sexe. Le rose, le bleu et le blanc, nuances essentiellement féminines.

Le rouge, le vert, le jaune sont en revanche odieusement masculins

  • Carolus Brio – Le Courrier français – Janvier 1893

Lettre à la correspondante inconnue ( 7 )

Mercredi 14 août 2019 – 10.20 – 20.2°

Ah je suis fou, fou vous dis-je ! Vous n’existez pas, vous n’êtes même pas virtuelle, vous êtes la chimère que mon esprit malade a créée pour que je puisse lui dire mon fol amour, je vous aime …

Je vous aime je vous aime je vous aime … Ah docteur enfermez-moi. Qui j’aime la femme que j’ai ratée, un fantasme, les mots que je commets ici ?

Je vous aime et que c’est beau d’aimer ..

La moustache du vicomte effleura les frisons de la comtesse. Mais celle-ci se déroba prestement et ce fut une feuille de cactus qui reçut le baiser du vicomte

Allons , vous êtes fou complètement .

Oui je suis fou …

Péché et châtiment

Chroniques d’un grand vieillard 1944 – 20 **

Mardi 13 août 2019 – 17.15 – 22.8 °

Nous prenions l’apéro Alceste Paumier et moi ce midi au café Kléber, lorsqu’il s’est soudain épanché.

Paumier m’a dit ;  » Dès mon adolescence j’ai toujours estimé que si je cédais à la tentation de la chair, puis adulte à celle de l’adultère, pour avoir transgressé les lois divines je serai puni.

   » Aujourd’hui en mon crépuscule je sais que j’ai cédé, culpabilisé, que j’ai péché toute ma vie durant, et que j’en ai été, que j’en suis puni. Puni grave. « 

Et vous Pierre – Alphonse ? « 

   Je n’ai pas répondu, j’aime pas trop répondre à des questions aussi directes, j’aime bien me raconter, et si j’ai à raconter être l’initiateur de mon propos, mais je lui ai mis la main sur l’épaule comme sur celle d’un frère.

Chroniques d’un grand vieillard 1944 – 20 **

 Bon ! les vieux, les vieillards, les grands vieillards, c’est peu ragoûtant, ça sent, ils puent l’Eau de Cologne, et de quoi parler avec eux ? Ils ressassent, ils radotent, ils ennuient, ils dépriment …

     Eh bien moi Pierre-Alphonse Philéus l’un de ces millions de vieillards devant l’Eternel qu’il existe ou non, je vais ouvrir une chronique où je raconterai mes souvenirs, j’écrirai des bribes de Mémoires, de mes humeurs, de mon quotidien, de mon état de santé.

   Madame Marie de Hennezel, experte en mourants, s’est un jour fendue d’un opuscule qui date – Août 1995 -, intitulé  » La Mort intime – Ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre  » . Je l’ai lu. Je ne suis pas aussi optimiste qu’elle, mais j’eusse préféré un ouvrage sur la manière dont un vieux vit au quotidien, dont il descend chaque jour une marche de plus .

   Ces ouvrages existent certainement et nombreux sont les romans qui narrent nos vies finies et je sais et mon quotidien et celui de beaucoup d’autres de ma génération mais j’estime que nous les vieillards manquons de repères et que nous aimerions savoir si notre propre quotidien souvent malmené résulte de notre propre fait ou est commun ou analogue à tous ceux de notre confrérie…

Quant à devoir mourir, essayons de mourir ensemble dans la joie et la bonne humeur.


Femmes sans désirs, sans plaisirs

   Ces rodomontades sur la parité ça me gonfle, ça me soûle … ces dénonciations à outrance contre les hommes ces nouveaux salauds – quelle découverte ! .. ça m’écoeure ...

Les Cléopâtre, Catherine de Médicis, Catherine II de Russie, Les Montespan, Maintenon, les Eva Péron, Golda Meir, Colette, les Mimi Pinson, les grisettes, les Suzons et mille autres du fond de leur sépulcre, s’amusent de nos finasseries françaises et de la mauvaise foi de leurs congénères …

 Bah ! ça passera … Elles ont été créées pour être aimées, chéries, caressées, être regardées mais désormais la mode c’est de jouer les compétentes, de porter le pantalon, de snober les bonshommes, mais le plaisir ah ça non ! mais les désirs troubles ah ça non !, mais la jouissance, une horreur ! ah ne me regardez pas comme ça, ne m’effleurez pas, je vais porter plainte …

   D’ailleurs j’en connais une qui avait porté plainte contre le vent qui, un été, avait au coin d’une rue soulevé sa jupe, et, bizarre, sous le regard du passant médusé une jolie fesse s’était offerte, et un petit garçon qui lui aussi passait par là, vit la fesse et dit à sa maman oh ! regarde maman la dame elle a les mêmes fesses que toi ! et la mère porta plainte elle pour attentat à la pudeur et débauche d’un mineur …

Cette passante dans la rue, ne portait pas de slip, nue, divinement nue…

   Elle a raison Christine Angot,  » la littérature est un endroit qui échappe au contrôle de ceux qui contrôlent la vie réelle, ça les rend fous. Mais je force personne à me lire. « 

   Moi non plus et d’ailleurs moi personne ne me lit, et c’est bien comme ça, c’est même jouissif, ou presque Ah ah .. ah aha hi hi hiiiii ! ouille, non pas comme ça, si ! encore, non ! … mais maintenant les femmes ne crient plus, ne hululent plus même au coeur de l’orgasme, ça ne se fait pas, ça ne se fait plus, c’est vulgaire, obscène, honteux, avilissant, non elles se mordent les lèvres, ça fait plus digne, elles saignent ça fait drame antique ..

  –

Bardot, Deneuve, Delon

Catherine Deneuve, Brigitte Bardot, Alain Delon, des gens de ma génération, et qui vieillissent mal, mal parce que, eux qui, furent des manières de beautés, et d’idoles, n’ont pas a priori fait l’effort de se donner les moyens d’assurer la maintenance de leur corps et l’ont laissé se relâcher, se gonfler, s’amollir, s’oublier. 

Pour ces raisons je leur en veux, de ne pas s’être respectés eux-mêmes, et d’avoir à travers cet avachissement terni les rêves qu’en leur temps ils nous ont fait vivre et trahi le devoir de prestance que leur conférait leur statut de star….

Ainsi et quant à Catherine Deneuve qui se fait encore appeler mademoiselle je ne partage pas cette espèce de vénération qu’on lui voue considérant qu’elle aussi s’est fait tirer pour un résultat aussi navrant que celui obtenu par mademoiselle Béart pour la réfection de ses lèvres … et je n’aimerais pas voir nue mademoiselle Deneuve …

Marlène Dietrich elle au moins avait me semble t-il et maintenu ses apparences et su avec sagesse et stoïcisme s’effacer ..
La classe !

Je vais me coucher

Lundi 12 août 2019 – 21.59 – 18.9°

Il n’y a pas que messieurs Epstein, Neymar and Co dans le monde, l’Avc de monsieur Delon et mille autres choses, il y a nous, les petits, les sans-grades les sans Gilets, il y a ainsi des milliards de petits Philéus besogneux et miteux dont on ne parlera jamais et qui n’auront pas leur nom gravé sur les tables mémoriales de l’histoire du monde

Eh moi Pierre-Alphonse Philéus pour autant tout bêtement, tout bonnement je vais me coucher, oui coucher, et dormir oui dormir du moins essayer ..

Et ça ne fera pas les grands titres, ni l’objet d’une enquête de la Lucet de France 2 ni d’une enquête du triste sire de Plenel parce que hein eux les vermines qui vont se coucher ils n’en ont rien à cirer

Femmes, femmes femmes

Mardi 18 juin  2019

   19.25 25°2 Encore une très belle journée, chaude et heureuse, je pourrais, mais je ne peux pas non plus, alors je peux ou je ne peux pas ? passer toutes mes journées à la piscine où les femmes sont belles en maillot de bain. 

   J’observe que le maillot de bain une ou deux pièces, désérotise, et paradoxalement désexualise la femme, et moche ou belle elles sont toutes à regarder …

Mais est-ce dû à mon grand âge, certes je ne me prive pas de déshabiller ces dames – du regard – sachant en outre qu’il ne reste pas grand-chose à enlever, mais c’est un plaisir simple et naturel et pas malsain du tout, si Dieu a créé la femme avec ses seins, ses cuisses, ses seins, ces grappes de nos vignes comme dirait Baudelaire ce n’est quand même pas pour que l’on baissât les yeux et dédaignât leurs si charmants atours. 

Dieu ! toujours Dieu …

 Je lis dans le Journal d’Henri Bauchau – écrivain Belge mort en 2012 – ( 30 mars 1974 il alors 64 ans ) ;

 » Ce sont les hommes qui font Dieu « , disait hier soir Marie-Claire et je pense comme elle que ce sont les hommes qui font la perception de Dieu à chaque époque. 

   La réalité de Dieu ne nous est perceptible que par instants, instants qui comportent sans doute une part d’illusion comme toute perception humaine.

Ces instants de perception, les idées qui les entourent, sont certainement influencés par l’état de la société à un moment donné. Est-ce cela qui compte ou la croissance en nous, pour peu que nous lui laissions la place, de la semence divine dont on peut constater la présence sans savoir ce qu’elle est ?

…   

Au fil du sablier -1- Faire de l’écriture …

En 2018, Emmanuel Carrière cet écrivain notoire que je n’ai pas lu, déclarait que depuis l’écriture de son dernier Roman  » Le Royaume  » ;  » Je suis en panne comme écrivain. Je ne suis pas du tout partie des écrivains qui sont capables de tenir un journal, d’écrire à partir de n’importe quoi, de faire de l’écriture. « 

Il s’en trouve  » paralysé. « 

Soit ! Quant à moi qui ne suis ni écrivain, ni gilet jaune, mais qui suis le parangon même du sans-gilet, je ne suis pas en panne, et je suis capable de tenir un journal – le mien doit tourner autour de six mille pages – sans doute parce que contrairement au brillantissime Emmanuel, je suis capable d’écrire à partir de n’importe quoi, de faire de l’écriture … « 

Mais lit-on du n’importe quoi, lit-on de la littérature qui ne soit qu’un déroulé de phrases .. J’estime que celui qui écrit écrit toujours quelque chose qui a un intérêt…

D’ailleurs là je vais écrire et pour mon petit plaisir perso … ben non, me voici en panne .